Lucien Lacuve, prisonnier de guerre

En novembre 2014, Jackie Lacuve a confié au Musée départemental de la Résistance et de la Déportation une partie des archives de son père, Lucien Lacuve, prisonnier de guerre en Allemagne.

Lucien Lacuve, prisonnier de guerre

Lucien Lacuve est né à Trèbes (Aude) en 1909. Engagé dès les années 1930 dans l’armée, au Maroc notamment, le sergent Lacuve est en poste à Casablanca. Il participe aux combats en mai et juin 1940 en France métropolitaine contre l’armée nazie. Il est capturé par les Allemands à Gérardmer (Vosges) le 22 juin 1940. Il est alors emprisonné au stalag II D dans le Nord de l’Allemagne, d’où il tente de s’évader. Repris, il est renvoyé alors en Poméranie. Bénéficiant d’une libération, Lucien Lacuve rentre en France, à Carcassonne, où vit sa famille début 1944. Il entre alors en résistance. A la Libération, Lucien Lacuve s’engage à nouveau dans l’Armée. Après la fin de la guerre, il est affecté en Allemagne, dans la zone française d’occupation. 

Le sort des prisonniers de guerre

Lors de la défaite de la France en juin 1940, près de 60 000 soldats sont morts et plus de 1 800 000 sont faits prisonniers de guerre. Ils partent en Allemagne, détenus dans des stalags (pour les soldats) et des oflags (pour les officiers). Leur statut de prisonnier de guerre les protège et, pour la plupart, ces soldats ne vivent pas dans de mauvaises conditions malgré le mal du pays, la pénurie et le manque de la famille. Les activités sportives et culturelles leur sont autorisées. Les familles sont séparées, pour certaines jusqu’en 1945. Les lettres et colis sont les seules façons d’avoir des nouvelles, de garder le contact. Dans ces lettres, les soldats ont un souci majeur : le ravitaillement. Ils demandent à leur femme ou à leur mère, de leur envoyer des cigarettes, des vêtements, etc. Pour les familles, il n’est pas toujours simple de les satisfaire : on manque de tout en France. De nombreuses manifestations (collecte de fonds, de vêtements) s’organisent partout pour soulager les absents. 

L’intérêt de ce don

Le Musée départemental de la Résistance et de la Déportation conserve de nombreuses archives sur le thème des prisonniers de guerre en Allemagne. Photographies, dessins réalisés par des prisonniers, journaux publiés dans les stalags, lettres de prisonniers à leur famille, etc. Le don de Jackie Lacuve vient compléter et enrichir ces documents déjà présents dans la collection. Ils permettent de mieux comprendre le quotidien d’un prisonnier français, loin de sa famille. Jackie Lacuve a également permis à l’équipe du Musée de photographier le journal de captivité de son père. Dans ce petit carnet, Lucien Lacuve a noté des mots et expressions en allemand. Il rédige aussi un poème dédié à son fils à l’occasion d’un Noël. 

« Je sais mon cher petit qu’en l’humble cheminée

Où descendra Noël

Tu as mis cette année, ainsi que chaque année

Ta lettre pour le ciel […] »

 

Détail du don

1 - Plaque militaire du sergent Lacuve.

2 - Clés de casier au stalag.

3 - Carte postale écrite par Lucien Lacuve adressée à sa femme, septembre 1942.

4 - Fiche de démobilisation, 1942.

5 - Brassard tricolore avec une croix de Lorraine.

6 - Copie d’un extrait du livret militaire.

7 - Billet de banque allemand.

8 - Certificat de présence en Allemagne, juin 1949.

9 - Poème à son fils.