L'équipement d'un douanier allemand en Haute-Garonne

Au Sud de la Haute-Garonne, tout au long de la frontière espagnole, les nazis instaurent une « zone réservée des Pyrénées », normalement inaccessible, à partir de février 1943. Dans cette partie du département, le quotidien des habitants se complique. Pour circuler, les laissez-passer sont obligatoires, les contrôles sont nombreux. Les douaniers sont donc très présents pour surveiller la frontière.

Découvrir ces objets

Le propriétaire de ces objets était vraisemblablement un douanier appartenant à l’armée allemande, la Wehrmacht. La Grenzschutz (le service des douaniers) était composée d’hommes mûrs, des soldats confirmés mais surtout aguerris à une activité montagnarde. Rapidement, ils s’installent dans les villages frontaliers, occupant parfois certains refuges, et s’approprient les chemins de montagne et sentiers. Ces « douaniers » ont essentiellement pour mission de surveiller la zone et d’intercepter les candidats à l’évasion clandestine (réfractaires au STO, résistants cherchant à passer en Espagne dans l’idée de rejoindre la France Libre, autres personnes persécutées) ainsi que leur passeur.

Comprendre leur contexte

En envahissant la zone non occupée le 11 novembre 1942, les nazis se positionnent très vite le long de la frontière franco-espagnole pour contrôler cette partie stratégique du territoire. Ils créent une zone réservée des Pyrénées soumise à des règles extrêmement strictes de résidence et de circulation. Seuls les Français y étant domiciliés avant le 1er novembre 1942 ont le droit de se déplacer librement. Mais chaque habitant doit cependant justifier de la régularité de cette résidence. Toute autre personne qui souhaite s’y rendre doit demander un Sonderausweis (laissez-passer spécial) ou un Einreise-Erlaubnis (sauf-conduit) au maire de la commune visitée. Pour obtenir l’autorisation d’accéder à la zone réservée, il est nécessaire de fournir un nombre conséquent de pièces d’identité et autres justificatifs. Au-delà de ces aspects, tout séjour dans cette partie est limité dans le temps. 

Qui était Daniel Latapie ?

Originaire de L’Isle-en-Dodon, il entre en résistance. Cet instituteur, membre de « Combat » et de l’Armée Secrète, mène diverses actions de résistance dès 1941: passages clandestins, transports d’armes, distribution de tracts et de journaux… Il participe à la libération de Saint-Gaudens. Après la guerre, il contribue à la création des comités de libération à Luchon et Saint-Béat. Il consacre les décennies suivantes à l’étude historique de la Résistance en Haute-Garonne. Il en devient l’un des historiens en collectant une très importante somme de documents et d’archives dont il fait don au Musée départemental de la Résistance et de la Déportation mais aussi aux Archives départementales, à la Bibliothèque municipale. Son travail de recherche a considérablement contribué à entretenir la mémoire de cette période dans notre département.

 

Nature des objets :

- Téléphone portatif de campagne
- Deux pattes d'épaule
- Un tour de manche d’uniforme d’un douanier allemand de la « zone réservée » des Pyrénées.

Donateur : Daniel Latapie, le 29 janvier 1977.

Numéro d’inventaire : 234.

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Collection Musée départemental de la Résistance et de la Déportation
© Conseil Départemental de la Haute-Garonne