L'avant-guerre

En 1918, les puissances alliées gagnent la guerre sur les empires centraux. L’Europe sort du premier conflit mondial meurtrie et traumatisée. Plus de 8 millions de tués et près de 20 millions de blessés. Le bilan économique est désastreux avec l’endettement important du continent, la destruction d’une partie de son potentiel industriel et la crise monétaire.

L’urgence, une fois la victoire remportée est, selon l’expression de Clémenceau, de « gagner la paix ». C’est le but de la grande conférence qui s’ouvre à Versailles le 18 janvier 1919. Les empires sont démantelés, l’Alsace-Lorraine revient à la France, une Société Des Nations (SDN) est créée.

La montée des fascismes

L’entre-deux-guerres est marqué par un pacifisme à outrance. On veut garder en mémoire la première guerre mondiale, comme étant la « Der des Ders ». Mais, dès l’immédiat d’après-guerre, l’Europe est le théâtre d’agitations quasi-généralisées. Les ligues et autres mouvements d’extrême droite créent des troubles et profitent de la crise politique et économique pour désigner des boucs-émissaires. Ce sont surtout les juifs et les francs-maçons, accusés d’être responsables de tous les maux. Les démocraties menacées sont de plus en plus fragilisées. Les coups d’État et les coups de force se multiplient. En moins de 20 ans, les régimes totalitaires s’imposent aux quatre coins du continent. Mussolini devient Duce en Italie le 29 octobre 1922 dans le respect apparent de la légalité. Hitler tente un putsch à Munich en novembre 1923, mais c’est le 30 janvier 1933 qu’il devient chancelier en Allemagne, cette fois-ci légalement.

La guerre civile espagnole

A partir de 1936, la guerre ravage l'Espagne, notre voisin. Franco lance son putsch le 17 juillet 1936 contre la République espagnole, déclenche une guerre civile, et finit par s’imposer dans tout le pays en mars 1939. Près de 400 000 républicains espagnols choisissent l’exil après la chute de Barcelone (26 janvier 1939) et arrivent en France. Ils sont « recueillis » dans des camps des plages hâtivement organisés à Argelès, Saint-Cyprien, au Barcarès… avant d’être transférés dans des endroits limitrophes de la Haute-Garonne : Le Vernet d’Ariège, Septfonds, Bram.

 

Le bruit des bottes

Les régimes totalitaires font preuve de plus en plus d’agressivité et d’expansionnisme. Mais les démocraties répondent surtout par des phrases ou des traités et cherchent ainsi à se rassurer elles-mêmes. Quand l’Italie envahit l’Ethiopie en octobre 1935 et que l’Allemagne remilitarise la Rhénanie, la condamnation est « morale ». Mais la réaction s’arrête là. Lors de la guerre civile d’Espagne, la France et la Grande-Bretagne prônent la non-intervention. Enfin, à la signature des accords de Munich le 29 septembre 1938, la France et le Royaume-Uni renient leurs accords les liant à la Tchécoslovaquie et livrent ce pays aux convoitises d’Hitler. Daladier et Chamberlain sont persuadés d’avoir sauvé la paix. Onze mois plus tard, c’est la guerre.