La structuration de la Résistance

Pour être efficace, la Résistance, alors constituée de multiples groupes, réseaux et mouvements de toutes tailles, doit travailler ensemble. Mais l’unité fait encore défaut.

Unir la Résistance

De Gaulle charge Jean Moulin, préfet révoqué par Vichy, de réaliser l’unification de la Résistance. Sous son égide, les mouvements « Combat », « Libération » et « Franc-Tireur » forment les Mouvements Unis de la Résistance (M.U.R.) en janvier 1943. Après plus d’un an d’efforts, son action aboutit à la création du Conseil National de la Résistance (le C.N.R.) le 27 mai 1943 à Paris, véritable parlement de la France résistante. À Toulouse, c’est François Verdier « Forain » qui unifie la lutte clandestine (en vignette photo, début d'article).

La guérilla urbaine

Quand les Allemands envahissent la zone non occupée, la Résistance s’oriente alors vers des actions militaires. À Toulouse, le groupe Morhange est créé en 1943 par Marcel Taillandier. Ce réseau multiplie les coups d’éclat et exécute après jugements les agents allemands, les collaborateurs ou les dénonciateurs.

La 35ème Brigade F.T.P. M.O.I. créée par Mendel Langer, polonais, juif et communiste réfugié en France, multiplie les attentats et les sabotages contre l’occupant nazi. Cette brigade, composée de jeunes Hongrois, Italiens, Allemands, Roumains…, reste chez nous le symbole de la participation des étrangers dans la Résistance française. Dans ce groupe comme ailleurs, ce sont indifféremment des femmes et des hommes qui combattent côte à côte, unis par le même idéal de liberté, et la même force de courage.

D’autres étrangers se sont regroupés et ont résisté en Haute-Garonne comme les guérilleros. Des Belges, des Polonais, des Italiens... s’intègrent dans les réseaux, les mouvements ou les maquis existants ; d’autres créent leurs propres groupes, comme l’Organisation Juive de Combat (OJC), le Comité Italien de Libération Nationale (CILN), ou le comité Freies Deutschland (« Allemagne Libre »).

Maquis et Corps-Francs

Les maquis se développent, recrutent et passent à l’action. Pourchassés par la police, réfractaires du S.T.O., ou volontaires pour l’action, sont de plus en plus nombreux à vivre clandestinement dans des zones reculées et boisées. Les maquis deviennent des bases arrière pour le harcèlement des troupes d’occupation et des collaborateurs. Ils adoptent la tactique de la guérilla, attaquant là où on ne les attend pas. Véritable force, ils installent un climat d’insécurité pour les Allemands.

À côté des maquis, des Corps-Francs sont créés par des officiers de l’armée française. C’est le cas du commandant André Pommiès qui décide de créer un Corps-Franc avec une partie des unités de l’« Armée d’Armistice » dissoute le 17 novembre 1942 par Vichy. De la même façon, les officiers Roger Mompezat (Commandant Roger) et Henri Sévenet (Commandant Mathieu) constituent le Corps-franc de la Montagne Noire, début avril 1944.