Les débuts de la Résistance

Un peu partout, à Toulouse, à Londres, à Paris, des femmes et des hommes se révoltent contre la défaite, l’armistice ou la présence allemande. Leur premier geste est de chercher à rassembler d’autres personnes, de tous horizons, qui pensent comme eux sans oser l’affirmer.

La France Libre

Quand le général De Gaulle arrive à Londres le 17 juin 1940, il est seul ou presque et ne dispose d’aucune force. Le 18 juin, refusant la défaite, il lance son appel sur les ondes de la BBC, la radio anglaise. Peu à peu, les territoires d’outre-mer se rallient, les volontaires arrivent et une armée se reconstitue, qui s'engage dans les combats. La victoire tactique de Bir Hakeim en Libye (mai-juin 1942) renforce la France Libre. Elle redonne espoir à des milliers de personnes engagées en France dans la lutte clandestine.

La Résistance Intérieure

Sur le territoire français, les premiers résistants cherchent des moyens pour agir. Leur premier but est de réveiller les consciences face à la censure de Vichy. Les premiers tracts (parfois de simples bouts de papier) rappellent et commémorent les dates qui ont fait l’histoire de France. C’est la première forme concrète de l’action de la Résistance. Collés sur les murs ou distribués, ils sont fabriqués artisanalement.

Ces actes simples, apparemment anodins, sont pourtant réprimés durement par Vichy. Mais malgré toutes les interdictions, une partie de la population ressent le besoin de marquer son hostilité croissante au régime de Vichy. Les grandes dates de l'histoire de France deviennent autant de prétextes pour manifester, malgré les risques. À Paris, un grand cortège très digne se forme le 11 novembre 1940 devant l’Arc de Triomphe et se disperse quand les Allemands tirent sur la foule.

Premiers réseaux et mouvements

À côté de ces actes spontanés, les premiers réseaux se créent, spécialisés dans les renseignements, le sabotage et les passages clandestins de personnes. À Toulouse et dans le département, après quelques tentatives limitées, la première organisation, le réseau « Bertaux » se monte en mars 1941. Les Alliés et la France Libre ont très vite compris l’intérêt que représentent ces réseaux et décident de les aider en envoyant hommes et surtout matériel. Le premier parachutage en zone sud a lieu à Pibrac le 11 septembre 1941, au profit du réseau « Bertaux ».

Des mouvements de Résistance voient également le jour. À Toulouse s’implantent des antennes des grands mouvements comme « Libération », « Combat » ou « Franc-Tireur ». Le Midi toulousain voit aussi la naissance d’un mouvement « socialiste-révolutionnaire » qui ne s’implante que dans la région : « Libérer et Fédérer ». Tous ces mouvements lancent l’édition de journaux clandestins, dont la fabrication locale est assurée notamment grâce aux imprimeries des frères Lion et de Castellvi.