Toulouse et la Haute-Garonne occupées

Le 11 novembre 1942, la Wehrmacht franchit la ligne de démarcation et occupe la zone sud, suite au débarquement anglo-américain du 8 novembre, au Maroc et en Algérie. Toulouse se met à vivre à l’heure allemande, tandis que s’évanouit la fiction de l’indépendance du régime de Vichy.

Les difficultés du ravitaillement s’aggravent avec la présence allemande. Le mécontentement gagne l’opinion ; les Français comprennent que la collaboration n’apporte aucun avantage. Au contraire, les conditions imposées par l’occupant s'accroissent. Les usines allemandes ont besoin d’ouvriers pour remplacer les soldats partis au front. Vichy instaure le 16 février 1943 le Service du Travail Obligatoire. En Haute-Garonne, 8000 à 9000 personnes partent travailler pour le compte des Allemands. Au départ des trains, les réfractaires sont à chaque fois plus nombreux, et commencent pour certains à rejoindre les maquis de la région.

La fascisation du régime de Vichy

À partir du retour au pouvoir de Pierre Laval en avril 1942, le régime se radicalise. Les « ultras » de la collaboration demandent un engagement plus résolu aux côtés de l’Allemagne, allant vers la collaboration militaire. Ils soutiennent la Légion des Volontaires Français contre le Bolchevisme qui combat sur le front de l'Est sous uniforme allemand.

Pétain s’efface de plus en plus ; Laval s’oriente alors vers une répression dont la férocité s’accroît surtout après l’automne 1943. Rejeté par l’immense majorité des Français, le régime ne peut développer son action que dans deux domaines : la propagande et la répression. Le 30 janvier 1943, la Milice Française est créée avec, à sa tête, Joseph Darnand. Le Vichy paternaliste de juillet 1940 est devenu une terrible machine à réprimer.


Défilé de la Milice à Toulouse. Ici lors d’un dépôt de gerbes aux pieds du Monument aux Morts. En insert, Pierre Laval, président du Conseil de juillet à décembre 1940, revient à la tête du gouvernement en avril 1942. L’instauration de la Relève marque son retour. Magazine L’Alerte n°84 du 25 avril 1942. (Collection Musée départemental de la Résistance et de la Déportation).