La politique du gouvernement de Vichy

L’armistice a placé Toulouse et la Haute-Garonne en zone non occupée, sous l’autorité du gouvernement de Vichy. Celui-ci développe sa propagande, basée sur le culte du Chef. Toute la population se tourne vers un seul homme, dont elle attend surtout la paix et le retour des prisonniers.

Le maréchal dans les vies

La poignée de mains de Montoire entre Pétain et Hitler le 24 octobre 1940 marque le début de l’incompréhension pour les Français. Ceux-ci croient que la « Collaboration » ouvre sur la paix, alors que Pétain est allé négocier un assouplissement de l’armistice, rentrant ainsi dans un engrenage de concessions. Devenu chef de l’État français, Pétain peut alors mettre en œuvre son programme pour la France : la « Révolution nationale ». La devise de la République est abandonnée pour être remplacée par « Travail, Famille, Patrie ». Pétain et Laval (puis Darlan) appliquent une politique nationaliste, antisémite et anticommunisme. Toutes les libertés sont supprimées, l’économie est mise sous coupe réglée. Le régime veut s’appuyer sur les nouvelles générations en créant les Chantiers de Jeunesse. Mais les compromis de plus en plus flagrants avec les Allemands font douter la population. La Relève des prisonniers est un échec et le trouble s’installe quand Laval déclare en juin 1942 : « Je souhaite la victoire de l’Allemagne ».

L'antisémitisme français

Vichy affiche également son antisémitisme. Il impose un arsenal juridique contre ces personnes (« lois portant statut des Juifs » du 3 octobre 1940 et du 2 juin 1941) Des expositions sont organisées, caricaturant les juifs avec les doigts crochus, les oreilles pendantes, les lèvres charnues et autres inepties. Le gouvernement français crée également le Commissariat Général aux Questions Juives, qui procède à « l’aryanisation » de leurs biens, c’est à dire leur confiscation. L’été 1942 est marqué par les rafles et la déportation de juifs, tant en zone occupée (c’est la rafle du Vél’ d’Hiv’) qu’en zone non occupée. Les forces de police française commandées par René Bousquet arrêtent et déportent 11 000 personnes en zone non occupée, dont 910 en Haute-Garonne. À Toulouse, l’archevêque Jules Saliège proteste courageusement contre les déportations des juifs depuis les camps français d’internement de Noé et du Récébédou (Portet-sur-Garonne). 

Un quotidien à réinventer

La population est accaparée par les soucis du quotidien : se nourrir, se chauffer, s’habiller… Tout manque, tout est rationné.  « Plus de savon avant le mois prochain », « Jour sans viande », « Pas de pain »… Pour une large majorité des Haut-Garonnais pendant la seconde guerre mondiale, les journées se résument souvent à ces formules courtes affichées sur les devantures des commerces. Files d’attente interminables devant les magasins, tickets de rationnement, voitures à pédales ou vélos-taxis, chaussures à semelles de bois, savons synthétiques… deviennent leur quotidien. C’est le règne du système D, de la « débrouillardise », des champions de la récupération. C'est aussi à ce moment que se développe fortement le marché noir…